Promouvoir la science: Rendre les infrastructures accessibles grâce à la mobilisation des connaissances

Recommandations pour les laboratoires fédéraux

Résumé en langage clair

Soumis à Normes d’accessibilité Canada

31 Octobre 2025

Chercheuse principale: Irena Creed, Université de Toronto à Scarborough

Équipe de recherche: IDEA-STEM Consulting, Inc.

​​Table des matières

Pourquoi ce travail compte-t-il?

1. Ce que nous avons appris de la documentation

1.1 Le contexte mondial

1.2 Conception universelle et éducation inclusive

1.3 Accessibilité dans l’environnement bâti

1.4 Emploi, représentation et capacitisme systémique

2. Ce que nous avons entendu des employés scientifiques fédéraux

2.1 À propos des consultations

2.2 Thème 1: Connaissances et formation

2.3 Thème 2 : Lacunes en matière de politiques et de processus

2.4 Thème 3 : Obstacles physiques et environnementaux

2.5 Thème 4 : Pratiques liées aux mesures d’adaptation

2.6 Thème 5 : Collaboration et communication

2.7 Thème 6 : Obstacles culturels et comportementaux

2.8 Thème 7 : Recommandations des participants

3. Recommandations intégrées

3.1 Intégrer l’accessibilité à chaque étape

3.2 Accès équitable aux fonds

3.3 Redéfinir les exigences essentielles du travail

3.4 Améliorer la communication et l’accessibilité des renseignements

3.5 Soutenir et renforcer la communauté de pratique

3.6 Réaliser des audits et maximiser les résultats rapides

3.7 Répondre aux besoins sensoriels et environnementaux

3.8 Soutenir l’innovation grâce à la technologie

3.9 Renforcer la formation et la culture du milieu de travail

3.10 Rendre l’accessibilité mesurable et responsable

4. La vue d’ensemble

5. Prochaines étapes

6. Conclusion

Pourquoi ce travail compte-t-il?

La science a le pouvoir d’améliorer les vies, mais de nombreuses personnes handicapées sont encore exclues de la pleine participation à la recherche scientifique. Au Canada, les espaces de laboratoire comportent souvent des couloirs étroits, des bancs hauts, des lumières vives et des équipements bruyants qui rendent difficile, voire impossible, pour les personnes handicapées de travailler en toute sécurité et de manière autonome. L’objectif de cette étude consistait à comprendre comment les laboratoires scientifiques fédéraux peuvent devenir plus accessibles et inclusifs pour tous. L’étude s’appuie sur la Loi canadienne sur l’accessibilité (2019), qui vise à créer un pays sans obstacle d’ici 2040, et appuie l’Appel à l’action en faveur de la lutte contre le racisme, de l’équité et de l’inclusion dans la fonction publique fédérale. Cette recherche fait partie de l’initiative de sciences inclusives et de laboratoires accessibles de Ressources naturelles Canada. L’étude rassemble des renseignements tirés de plus de 60 documents de recherche et rapports gouvernementaux, ainsi que des entretiens avec 11 employés et gestionnaires travaillant dans des laboratoires scientifiques fédéraux. Elle définit les obstacles, communique des exemples de bonnes pratiques et propose des recommandations claires pour le changement.

1. Ce que nous avons appris de la documentation

1.1 Le contexte mondial

Les chercheurs et les défenseurs des droits des personnes handicapées du monde entier conviennent pour dire que la plupart des laboratoires scientifiques ne sont toujours pas conçus pour être accessibles. Aux États-Unis, au Royaume-Uni et au Canada, les personnes handicapées restent sous-représentées dans le domaine scientifique. Bien qu’ils représentent plus de 20 % de la population générale, ils ne représentent qu’environ 3 à 4 % de la main-d’œuvre scientifique. Parmi les obstacles courants, on trouve:

• des paillasses et des hottes de laboratoire installées trop haut pour les personnes en fauteuils roulants;

• un mauvais éclairage ou un bruit excessif qui submerge les personnes présentant des sensibilités sensorielles;

• un équipement de sécurité conçu pour un seul type de corps ou une seule capacité physique;

• des délais longs ou des processus complexes pour obtenir des mesures d’adaptation. L’accessibilité est souvent considérée comme une réflexion après coup, abordée uniquement après qu’un problème survienne. Les chercheurs appellent cela une approche réactive. Une meilleure solution consiste à adopter une approche proactive, en utilisant les principes de la conception universelle et en planifiant dès le départ pour que les espaces, les outils et les méthodes d’enseignement fonctionnent pour tout le monde.

1.2 Conception universelle et éducation inclusive

La conception universelle signifie créer des environnements qui conviennent au plus grand nombre possible de personnes, sans nécessiter d’adaptations individuelles ultérieures. Cette approche s’est étendue à la conception universelle pour l’apprentissage, qui fait la promotion de méthodes d’enseignement et d’apprentissage souples.

Les recherches montrent que la conception universelle profite à tous. Par exemple:

• Les postes de travail réglables ou mobiles permettent aux personnes de différentes tailles et capacités de participer confortablement.

• Des instructions claires dans plusieurs formats, tels que l’écrit, l’oral et la vidéo, aident les élèves à apprendre à leur propre rythme.

• Les technologies accessibles comme les lecteurs d’écran, les diagrammes tactiles et les instruments parlants améliorent l’autonomie.

• Les zones calmes et une bonne ventilation réduisent la fatigue et la surcharge sensorielle. Des études montrent également que la conception universelle permet d’économiser de l’argent et du temps. Lorsque l’accessibilité est planifiée dès le départ, elle évite des rénovations coûteuses et favorise l’inclusion en tant qu’élément normal de la conception plutôt qu’en tant que caractéristique spéciale.

1.3 Accessibilité dans l’environnement bâti

La Loi canadienne sur l’accessibilité et la Stratégie sur l’accessibilité au sein de la fonction publique du Canada exigent que les ministères éliminent les obstacles dans l’environnement bâti, l’emploi et la communication. Cependant, les normes d’accessibilité des laboratoires sont incohérentes et de nombreuses installations existantes ont été construites avant que ces exigences n’existent.

Les experts canadiens et internationaux recommandent des améliorations telles que:

• des allées d’au moins 42 à 48 pouces de largeur (106,8 cm à 121,9 cm);

• des bancs, des hottes et des éviers réglables;

• l’utilisation de couleurs à contraste élevé pour une meilleure visibilité;

• des systèmes d’alarme visuelle et sonore;

• des portes automatiques et des poignées à levier. Les modèles de conception tels que le cadre « Nature-Inspired » et « Living Laboratory » (NILL 1.0) combinent l’accessibilité avec la durabilité et la santé. Ils démontrent que lorsque les laboratoires sont conçus pour soutenir les personnes de toutes capacités, ils deviennent également plus sécuritaires, plus efficaces et plus respectueux de l’environnement.

1.4 Emploi, représentation et capacitisme systémique

Les obstacles dans le domaine scientifique ne sont pas seulement physiques. Le capacitisme culturel et structurel limite également l’accès et l’avancement. Des études de Castro et coll. (2024) et le Plan d’action des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) contre le capacitisme montrent que de nombreux scientifiques handicapés hésitent à divulguer leur handicap par peur de perdre des possibilités ou d’être jugés.

Les processus de demande de mesures d’adaptation sont souvent lents, incohérents et émotionnellement épuisants. Une étude fédérale de 2023 menée par Phoenix Strategic Perspectives (Phoenix SPI) sous contrat avec le Bureau pour l’accessibilité dans la fonction publique (BAFP) a révélé que le harcèlement et la discrimination ont tendance à se produire lors des demandes d’adaptation, le plus souvent entre les employés handicapés et leurs supérieurs, tels que les gestionnaires, les chefs d’équipe ou les superviseurs, et parfois les collègues.

Les données de représentation mettent en évidence les incidences. Selon le rapport La communauté scientifique fédérale : Une vue d’ensemble de 2022 du Bureau de la conseillère scientifique en chef du Canada, seulement 3,5 % des scientifiques fédéraux s’identifient comme des personnes handicapées, comparativement à 6,0 % des employés fédéraux.

Ces écarts ne sont pas seulement injustes : ils affaiblissent la qualité de la science. Les recherches montrent que les équipes diversifiées sont plus créatives, innovantes et efficaces pour résoudre des problèmes complexes.

2. Ce que nous avons entendu des employés scientifiques fédéraux

2.1 À propos des consultations

Pour mieux comprendre comment les obstacles se manifestent dans les milieux de travail, nous avons interrogé 11 employés scientifiques fédéraux. Parmi les participants figuraient des scientifiques, des techniciens et des gestionnaires travaillant dans des laboratoires de différents ministères. Ils ont discuté de leurs expériences en matière d’accessibilité, de mesures d’adaptation et de culture du lieu de travail. Leurs observations montrent comment les problèmes au niveau du système se traduisent en défis quotidiens, mais mettent également en évidence de nombreuses idées d’amélioration.

2.2 Thème 1: Connaissances et formation

De nombreux participants ne savaient pas où trouver des conseils sur la conception ou les politiques relatives aux laboratoires accessibles. Certains ignoraient l’existence de normes fédérales propres aux laboratoires. Par conséquent, les gestionnaires se fiaient souvent à leur jugement personnel plutôt qu’à des critères uniformes.

Plusieurs personnes ont déclaré manquer de confiance dans la planification ou l’achat d’équipements accessibles. Ils voulaient des exemples pratiques et des listes de contrôle détaillées plutôt que des séances de sensibilisation générales. Les gestionnaires souhaitaient également de meilleurs outils pour un recrutement et une formation inclusifs.

2.3 Thème 2: Lacunes en matière de politiques et de processus

La plupart des personnes interrogées ont déclaré que lorsque des politiques d’accessibilité existent, elles ne sont pas toujours respectées. Les comités sont souvent dépourvus de représentants du personnel de laboratoire handicapé, et les consultations ont généralement lieu tard dans le processus de conception ou de rénovation.

Les décisions d’approvisionnement incluent rarement des critères d’accessibilité, ce qui conduit à des achats répétés d’équipements non réglables ou de meubles inaccessibles. Les employés ont également déclaré que les outils centralisés comme le Passeport pour l’accessibilité en milieu de travail ne répondent pas entièrement aux besoins propres aux laboratoires.

Un participant a résumé ce fait clairement : « Nous effectuons des rénovations à la suite de plaintes au lieu de planifier. »

2.4 Thème 3: Obstacles physiques et environnementaux

Les participants ont fait part de nombreux exemples d’obstacles qui affectent leur travail quotidien:

• des portes automatiques qui ne fonctionnent pas de manière constante;

• des allées étroites qui bloquent la circulation des fauteuils roulants;

• un mauvais éclairage, des produits chimiques de nettoyage puissants et des niveaux de bruit élevés qui provoquent de l’inconfort ou des problèmes de santé;

• une signalisation et orientation inaccessibles;

• des alarmes d’urgence sans signal visuel pour les employés sourds.

Certains employés ont apporté leurs propres aides à l’accessibilité, comme des filtres à air ou des tapis de yoga, pour faire face aux défis sensoriels. D’autres ont dû quitter leurs lieux de travail dans certaines situations, par exemple lorsque les systèmes de chauffage ou de climatisation tombaient en panne. Ces situations créent des inégalités de participation et des risques pour la sécurité.

2.5 Thème 4: Pratiques liées aux mesures d’adaptation

Les systèmes de mesures d’adaptation ont été décrits comme lents et stressants. Les employés attendaient parfois des mois, voire des années, pour le traitement de leurs demandes. Les travailleurs temporaires ou contractuels étaient moins susceptibles derecevoir du soutien, ce qui créait une inégalité d’accès entre les catégories de personnel.

Lorsque les processus officiels échouaient, les employés et les superviseurs créaient souvent leurs propres solutions. Bien que ces efforts montraient de l’initiative, ils signifiaient également que l’accessibilité dépendait de la bonne volonté individuelle plutôt que d’un système fiable.

Les participants ont déclaré que la divulgation était émotionnellement difficile. Ils devaient expliquer et justifier à plusieurs reprises leurs besoins pour continuer à travailler, ce qui créait de la peur, de la fatigue et de la frustration.

2.6 Thème 5: Collaboration et communication

La communication sur l’accessibilité variait selon les ministères. Certains laboratoires ont tenu des réunions régulières et fait part de nouvelles, tandis que d’autres ont travaillé de manière isolée. La collaboration externe avec des experts en accessibilité ou des organismes de défense des droits était rare.

En cas d’exclusion des personnes handicapées du processus de prise de décision, les résultats étaient médiocres. Dans un exemple, les gestionnaires ont consulté un groupe externe au sujet des mesures d’adaptation auditives, mais n’ont pas inclus leur propre collègue sourd dans la discussion. Ce geste a provoqué de la méfiance et a finalement conduit cet employé à quitter l’organisme.

2.7 Thème 6 : Obstacles culturels et comportementaux

De nombreux participants ont décrit l’accessibilité comme un élément ajouté a posteriori, plutôt qu’intégré dès l’étape de planification. Certains gestionnaires ont exprimé leur malaise ou leur incrédulité lorsque les employés ont demandé du soutien. Dans quelques cas, on a dit aux employés qu’ils ne devaient pas travailler du tout au bureau.

De telles attitudes découragent les gens de s’exprimer, limitent les possibilités de promotion et contribuent à l’attrition. Quelques participants ont déclaré qu’ils ne s’attendaient plus à être promus parce qu’ils étaient considérés comme « moins compétents ». Ce fait montre comment les obstacles physiques et les préjugés culturels se renforcent mutuellement.

2.8 Thème 7 : Recommandations des participants

Les employés avaient de nombreuses idées d’amélioration. Ils ont suggéré que les ministères pourraient:

• créer un tableau de bord d’accessibilité pour les laboratoires fédéraux;

• créer un fonds central d’investissement pour les projets d’accessibilité;

• élaborer une bibliothèque de prêt d’outils et d’équipements adaptatifs;

• exiger une co-conception avec les personnes handicapées pour les nouveaux espaces;

• prioriser les solutions rapides et peu coûteuses lors de la planification de rénovations plus importantes;

• fournir des politiques en langage clair et une formation pratique aux gestionnaires.

Ces suggestions reflètent un désir commun d’action immédiate et de changement à long terme à l’échelle du système.

3. Recommandations intégrées

3.1 Intégrer l’accessibilité à chaque étape

L’accessibilité doit être intégrée dans toutes les décisions de planification, de conception et d’approvisionnement. Le gouvernement fédéral devrait :

• exiger la conception universelle comme norme pour tous les nouveaux laboratoires;

• élaborer des normes d’accessibilité qui vont au-delà des codes minimaux et les réviser régulièrement;

• inclure les personnes handicapées en tant que co-concepteurs et les rémunérer pour leur expertise;

• intégrer des critères d’accessibilité dans tous les modèles d’approvisionnement et contrats fournisseurs.

Cette approche garantit que l’accessibilité fait partie de la pratique quotidienne plutôt que d’être un projet spécial.

3.2 Accès équitable aux fonds

Le financement des améliorations en matière d’accessibilité varie d’un ministère à l’autre et dépend souvent de leurs budgets internes. Un fonds centralisé de capital pour les travaux d’accessibilité faciliterait la modernisation des bâtiments anciens et le partage des coûts.

Une approche à plusieurs niveaux peut inclure :

• des microsubventions pour des besoins immédiats comme des outils ergonomiques ou des logiciels accessibles;

• des fonds à moyen terme pour les rénovations et les mises à niveau des équipements;

• des investissements à long terme liés au renouvellement des infrastructures nationales. Cette stratégie permet de maintenir les progrès, même lorsque les budgets sont restreints.

3.3 Redéfinir les exigences essentielles du travail

Les descriptions de poste doivent mettre l’accent sur les résultats attendus plutôt que sur la façon traditionnelle d’exécuter les tâches. Les ministères devraient :

• justifier clairement quelles tâches physiques sont vraiment essentielles;

• explorer des moyens flexibles pour atteindre les objectifs professionnels, tels que des outils de travail à distance ou des rôles repensés;

• réviser régulièrement les modèles de travail pour inclure des options inclusives. Cette approche concilie sécurité et inclusion tout en élargissant les possibilités pour les scientifiques qualifiés en situation de handicap.

3.4 Améliorer la communication et l’accessibilité des renseignements

Les politiques ne sont utiles que si les employés peuvent les comprendre et les utiliser. Les ministères devraient :

• publier des guides en langage clair sur la manière de demander des mesures d’adaptation;

• inclure des renseignements sur l’accessibilité lors de l’intégration de tous les employés;

• intégrer l’accessibilité dans les évaluations des risques et les politiques de sécurité.

Une communication claire et accessible renforce la confiance et la constance au sein de la fonction publique.

3.5 Soutenir et renforcer la communauté de pratique

Une communauté de pratique nationale sur l’accessibilité dans les laboratoires scientifiques fédéraux peut continuer à mettre en relation les ministères et à communiquer les innovations. Ce réseau devrait :

• organiser régulièrement des réunions d’échange de connaissances;

• maintenir un référentiel partagé d’audits d’accessibilité et d’exemples de conception;

• coordonner les programmes de formation et de mentorat;

• s’harmoniser avec les initiatives existantes comme Laboratoires Canada et le Plan d’action sur l’accessibilité de Ressources naturelles Canada.

La collaboration évite les doublons et accélère les progrès.

3.6 Réaliser des audits et maximiser les résultats rapides

Des audits d’accessibilité réguliers, réalisés avec la participation des personnes handicapées, aident à déterminer et à hiérarchiser les obstacles. Ces audits devraient alimenter une base de données nationale qui recense les bonnes pratiques.

Un plan d’amélioration à trois niveaux peut produire des résultats rapidement :

• Niveau 1 : Des mesures immédiates et peu coûteuses telles que des rampes portables, une signalisation claire et des chaises ergonomiques.

• Niveau 2 : Des améliorations à moyen terme incluant l’éclairage, l’acoustique et les systèmes informatiques accessibles.

• Niveau 3 : Des rénovations d’envergure liées au renouvellement du capital à long terme.

Cette approche flexible concilie améliorations rapides et planification durable.

3.7 Répondre aux besoins sensoriels et environnementaux

L’éclairage, le son et la qualité de l’air ont des effets majeurs sur le confort et la concentration. Les laboratoires devraient :

• utiliser un éclairage réglable et non éblouissant;

• installer des matériaux insonorisants et aménager des zones calmes;

• mettre en œuvre des pratiques de nettoyage sans parfum et à faibles émissions;

• concevoir de l’équipement de protection individuelle (EPI) et des zones d’habillage accessibles.

La gestion des environnements sensoriels améliore la sécurité et favorise le bien-être de tous les travailleurs.

3.8 Soutenir l’innovation grâce à la technologie

La technologie peut éliminer les obstacles lorsque l’accès physique est limité. Les ministères fédéraux devraient :

• mettre à l’essai des instruments de laboratoire télécommandés et des systèmes robotisés.

• élaborer des modèles virtuels 3D de laboratoires pour la planification, la formation et la collaboration à distance;

• utiliser des tableaux de bord numériques pour faire le suivi des performances en matière d’accessibilité. Ces innovations permettraient à davantage de personnes de participer en toute sécurité et efficacement aux travaux scientifiques.

3.9 Renforcer la formation et la culture du milieu de travail

La formation doit être axée sur des situations concrètes et sur la résolution pratique de problèmes. Les ministères devraient :

• offrir des formations basées sur des études de cas aux gestionnaires et aux superviseurs;

• mettre en place des groupes de travail sur l’accessibilité dotés d’un véritable pouvoir décisionnel;

• impliquer les employés handicapés dès le début des projets de conception;

• offrir une compensation et une rétroaction pour les contributions basées sur l’expérience vécue.

La formation continue aide les organismes à passer de la prise de conscience à l’action.

3.10 Rendre l’accessibilité mesurable et responsable

Le progrès exige de la transparence et un suivi rigoureux. Les ministères fédéraux devraient :

• exiger des notices d’impact sur l’accessibilité pour tous les projets de laboratoire;

• publier des rapports annuels et des tableaux de bord sur l’accessibilité;

• inclure les objectifs d’accessibilité dans les cadres de rendement ministériels;

• réaliser des évaluations internes et externes;

• recueillir régulièrement les commentaires des employés et des partenaires.

Les rapports publics permettent de rendre visibles les engagements en matière d’accessibilité et garantissent la responsabilité.

4. La vue d’ensemble

L’accessibilité renforce la science elle-même. Les laboratoires inclusifs sont plus sécuritaires, plus efficaces et plus créatifs. Lorsque les gens de toutes capacités peuvent contribuer, le Canada bénéficie d’un éventail élargi de connaissances et d’innovations.

La science accessible soutient également des objectifs gouvernementaux élargis, notamment :

• la Loi canadienne sur l’accessibilité et le travail de Normes d’accessibilité Canada;

• la Stratégie sur l’accessibilité au sein de la fonction publique du Canada et son objectif d’une fonction publique sans obstacle d’ici 2040;

• l’initiative de modernisation de Laboratoires Canada;

• le Plan d’action sur l’accessibilité de Ressources naturelles Canada 2022-2025.

L’accessibilité n’est pas un ajout ou un simple exercice de conformité. Elle est le fondement de l’excellence scientifique et de l’équité.

5. Prochaines étapes

Pour aller de l’avant, les ministères scientifiques fédéraux devraient :

1. adopter la conception universelle comme exigence normalisée dans tous les laboratoires nouveaux et rénovés;

2. créer un fonds d’investissement centralisé et un système de microsubventions pour soutenir les améliorations en matière d’accessibilité;

3. exiger une co-conception avec les personnes handicapées dans tous les projets et programmes;

4. Appuyer la Communauté de pratique interministérielle sur l’accessibilité dans les laboratoires scientifiques fédéraux afin de coordonner les normes, les audits et l’échange de connaissances.

5. intégrer l’accessibilité dans les processus d’approvisionnement, d’évaluation des risques et de conception des postes;

6. publier des rapports d’étape annuels avec des indicateurs de rendement clairs;

7. mettre à l’essai des innovations technologiques et d’accessibilité sensorielle;

8. assurer des promotions et des perspectives de carrière équitables pour les scientifiques handicapés.

6. Conclusion

La science accessible n’est pas seulement une question d’équité, elle est essentielle à l’excellence, à la sécurité et à l’innovation. En intégrant l’accessibilité à tous les aspects de la conception, des politiques et de la culture des laboratoires, le Canada peut devenir un chef de file mondial dans la création d’environnements scientifiques inclusifs. Lorsque les personnes handicapées peuvent travailler, apprendre et diriger des activités scientifiques sans obstacle, c’est toute la communauté qui en bénéficie. Un laboratoire sans obstacle n’est pas seulement un meilleur lieu de travail, c’est un modèle de ce qu’une société véritablement inclusive peut accomplir.